Le Courrier du Vietnam - 14 au 20 février 2020
Gros plan sur une balade vietnamienne

Jean-Marie Virat pratique la photo depuis plus de 25 ans. C’est en 2014 qu’il expose pour la première fois. Depuis, il ne s’arrête plus. Son travail sur le Vietnam est mis en valeur jusqu’au 29 février à la Galerie "Impressions", dans le 3e arrondissement de Paris, avec comme thème : "Balade vietnamienne".

"Balade vietnamienne” de Jean-Marie Virat se compose de 55 photographies exposées dans les formats 80x120 cm pour trois d’entre elles, 37x55 cm ou 30x45 cm pour la plupart et 20x30 cm pour quelques autres. Il s’agit d’une sublime balade toute graphique, urbaine et poétique du Nord au Sud du pays. Toutes les photos ont été prises lors de deux voyages estivaux en 2017 et 2019.
Jean-Marie Virat a tenté de réunir des photos qui évoquent l’atmosphère si particulière du Vietnam et qui font naître chez lui beaucoup d’émotions. Il a tout fait pour éviter la "photo carte postale", ce qu’il appelle la "photo de voyage", visible partout sur les réseaux sociaux ou les brochures d’agence de voyage.
Encore une fois ces images sont graphiques, rythmées et colorées. On y retrouve fréquemment les traces du temps écoulé. Parfois, des hommes, des femmes, des enfants apparaissent, ajoutant du sens à cet univers graphique.
Le photographe a également sélectionné quelques images de scènes de vie, imprimées dans de petits formats. Il veut ainsi rappeler qu’au Vietnam il y a toujours (ou presque) foule partout, ce qui est vraiment spécifique au pays. Alors, on retrouve dans cette "Balade vietnamienne" ces lignes qu’il aime tant (photos de stores, de rideaux, de fenêtres, de fils électriques, de façades…) mais aussi des photos très colorées comme cette scène de marché absolument sublime ou cette suspension à base de chapeaux coniques typiquement vietnamiens.
Une exposition en tout point réussie et un bel hommage de plus au "pays en forme de S". Bon succès à "Balade vietnamienne" ainsi qu’à la galerie "Impressions", célèbre à Paris pour ses expositions d’artistes asiatiques ou travaillant sur l’Asie.
Un parcours très urbain
Jean-Marie Virat a beaucoup pratiqué l’argentique jusqu’à la fin des années 90 avant de passer au numérique dans les années 2000. Il le fallait puisqu’à partir de 2008-2009, son activité photo a pris un rythme beaucoup plus soutenu.
Quasi autodidacte, il s’est perfectionné en suivant un cours proposé par la ville de Paris entre 1999 et 2000 et en participant à quelques stages. Trois mots résument plutôt bien le travail de cet artiste : couleur, urbain et graphique. La grande majorité de ses photos, en effet répondent à ces trois critères qui se retrouvent aussi bien dans ses photos de portrait que de paysage. Mais il y a aussi trois autres mots qu’il affectionne pour décrire son rapport à la photographie : ressenti, conservation et transmission.
Les photos de cet adorateur du célèbre peintre Paul Klee, son maître, sont aisément repérables. En effet, on y retrouve toujours une solide organisation graphique qui crée automatiquement une atmosphère exclusive. On peut y découvrir par ailleurs de nombreuses lignes qui structurent ses photographies et proposent un rythme et une poésie.
L’artiste a un attachement pour les grandes capitales européennes qu’il visite régulièrement (Paris, Lisbonne, Madrid), tout en ayant une affection particulière pour celles d’Asie. Ses œuvres prennent aussi leurs sources dans le travail de trois autres photographes qui ont inspiré sa carrière : Manuel Alvarez Bravo, Saul Leiter ainsi qu’Harry Gruyaert.

Armé de son Canon 550D, il pratique également ce que l’on appelle de la "street", à savoir des scènes de rue. On reconnaît aussi les œuvres de Jean-Marie Virat par ce thème souvent présent : les façades de maisons, d’immeubles voire de monuments. Avec un graphisme et un cadrage méticuleux, il tente de transmettre leur poésie et leur musique.
Plus largement, il reste fasciné par tous types de surfaces planes. Ainsi, lors de son exposition "Murs mûrs" en 2016, il a essayé de parler du temps qui passe sur les murs avec une écriture géométrique, orthogonale et répétitive. En venant au Vietnam, il savait qu’il trouverait à foison ce qui fait la singularité de son travail. Tout naturellement est donc né cette expo que les Parisiens ont la chance de voir tout au long de ce mois de février.

Texte : Hervé Fayet/CVN
Photos : Jean-Marie Virat/CVN


VISIONS, TROUBLES


Les photographies présentées par Jean-Marie Virat, sont, d’évidence, « graphiques »,

Une écriture donc, géométrique,  orthogonale, répétitive. Chacun voit  bien ce qu’il cherche à capter pour le faire voir : ces morceaux d’espace, soigneusement cadrés, tableaux  abstraits faits de compositions symétriques et linéaires, dont la série évoque un quelque chose de l’ordre d’un rythme. N’est-ce pas d’ailleurs, sans ambiguïté, ce qu’il nous indique dans l’unique mot du titre qu’il a lui-même choisi : « Partitions » - au pluriel. Chaque façade : une musique. Nous passons dès lors d’une photo à l’autre en y retrouvant un même genre, et produisant les mêmes effets reconnaissables. D’une forme à l’autre, comme dans un album d’une chanson à l’autre, y retrouvant un ton, un tempo, une manière. Bref, une façon d’élever une surface - car il s’agit toujours de hauteurs,  dont l’organisation produit une scansion, un battement. La « mesure » spatiale, euclidienne, se mue en  « mesure » musicale taillée dans l’étoffe du temps.

C’est déjà beaucoup que de nous faire entendre en nous faisant voir.

Mais est-ce tout ? Et le photographe lui-même ne vient-il pas troubler cette clarté formelle en introduisant dans son cadrage des irrégularités si on peut dire systématiques ?  L’étendue d’un ciel uniformément bleu superposé au damier des façades, oppose l’illimité du ciel océanique  à un espace quadrillé : autre partition, mais celle cette fois qui sépare deux types d’espace. Pire encore : tout le jeu manifestement recherché des réflections : vitres-miroirs, cloisons transparentes, et voilà la frontière entre le dedans et le dehors qui se brouille. Irruption d’un carré de couleur (le petit pan de jaune  sur le mur de Proust ?)  et l’uniformité du plan se dérègle. Ces branchages passe-muraille qu’on perçoit ? Cette silhouette ? Cette façade ondulante dans son reflet et qui habite, transforme et brouille celle que le photographe a devant lui ? Les courbes emmêlées de nuages entrant dans l’image bien qu’ils soient hors d’elle ? Où donc est le « réel » ? Plus d’une fois je crois, le regard se perdra un peu. Rien n’est plus « clair et distinct » sans être pour autant invisible : clair-obscur.  Bienheureuse confusion : Virat  nous fait aussi voir double, triple et plus encore. Visions troublées. C’est de ce mélange que naît l’impact.


Jean-Manuel De Queiroz.

(à propos de l'exposition Partitions)

Rotterdam - 2018
Lisbonne - 2013

Minimal Urban Photography


Mention spéciale dans Minimal Urban Photography (Groupe Facebook), avec pour commentaire :
There are a few photographers with an individual eye and a discernably different sensibility and our current special mention winner, Jean-Marie Virat, is one. Avoiding the merely pretty, decorative, or merely formally perfect, Jean-Marie brings intelligence and humour to his choice of subjects and his way of shooting them. Both this photo and the other shot he published recently make a political or social comment while being both witty and elegant minimal urban photographs in their own right. Vive la différence ! Which is what this award is for, something worthy of being singled out. Bravo, Jean-Marie, mes félicitations sincères ! – avec Jean-Marie Virat.


Adam CZARNOWSKI – 28/01/2016


Récurrence photos




Interview sur :

 


Récurrence photos propose la location de séries photos à des entreprises. Plus concrètement, ils s'engagent, à travers un contrat, à renouveler périodiquement l'exposition dans l'espace dédié par l'entreprise (généralement un espace d'accueil).



Naples - 2019
Créé avec Artmajeur